Loi sur l’emploi des personnes handicapées : les règles clés de l’OETH, du taux de 6 % à la déclaration
La loi sur l’emploi des personnes handicapées renvoie à plusieurs textes qui encadrent l’accès à l’emploi, la non-discrimination, l’adaptation des postes et l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés, ou OETH. Le repère principal est le suivant : un objectif de 6 % s’applique aux employeurs d’au moins 20 salariés. Depuis 2020, toutes les entreprises doivent toutefois déclarer leur effort en faveur de l’emploi des personnes handicapées, y compris celles qui n’atteignent pas ce seuil.
L’OETH : une obligation d’emploi fondée sur un taux de 6 %
L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés demande aux employeurs concernés de contribuer à l’emploi des personnes en situation de handicap. Elle porte sur l’accès à l’emploi, mais aussi sur le maintien dans l’activité, l’adaptation des postes et l’accessibilité de l’environnement professionnel.
Quiz : La loi et l’OETH
Le taux légal de référence est fixé à 6 % de travailleurs handicapés. Il concerne les employeurs dont l’effectif atteint au moins 20 salariés, dans le secteur privé comme dans la fonction publique. Ce taux ne résume pas à lui seul l’ensemble du dispositif : l’OETH prend aussi en compte les actions qui facilitent l’intégration et la poursuite de l’activité professionnelle.
Emploi direct, maintien et compensation : ce que recouvre l’effort d’emploi
L’emploi direct de bénéficiaires de l’OETH est le principal levier. Une politique d’emploi inclusive commence toutefois avant l’embauche et se poursuit dans la durée : accueil d’un candidat, intégration dans une équipe, organisation des tâches, horaires compatibles avec une situation de santé, matériel adapté ou accompagnement lors d’un retour après un arrêt de travail.
La compensation du handicap occupe une place importante. Une difficulté peut apparaître dans la rencontre entre une limitation durable et un poste qui n’est pas suffisamment adapté. Modifier l’organisation, les outils ou les conditions de travail peut réduire cet obstacle. Le salarié n’a alors pas à compenser seul les limites de son environnement professionnel.
Obligation d’emploi et obligation déclarative ne sont pas identiques
Le seuil de 20 salariés déclenche l’objectif de 6 %. Depuis la réforme entrée en vigueur en 2020, toutes les entreprises, y compris celles de moins de 20 salariés, doivent néanmoins déclarer leur effort en faveur de l’emploi des personnes handicapées. Cette déclaration permet de suivre l’emploi des bénéficiaires de l’OETH et de mieux connaître la situation des entreprises.
Une entreprise de 12 salariés n’est donc pas soumise au taux de 6 %, mais elle reste concernée par la déclaration. Une entreprise de 50 salariés doit, quant à elle, suivre son effectif de bénéficiaires, apprécier son niveau d’emploi au regard de l’objectif applicable et effectuer les formalités prévues.
Les textes qui ont construit la loi sur l’emploi des personnes handicapées
L’expression « loi sur l’emploi des personnes handicapées » désigne un ensemble de textes complémentaires. La loi du 10 juillet 1987 a posé le socle de l’obligation d’emploi. La loi Handicap du 11 février 2005 a élargi l’approche aux droits, à l’accessibilité et à la participation sociale. La loi du 5 septembre 2018 a engagé une réforme de l’OETH, entrée en vigueur en 2020.
Déclarer l’emploi des travailleurs handicapés via la DSN – Consultez les obligations officielles des entreprises en matière de déclaration de l’emploi des travailleurs handicapés, notamment via la DSN mensuelle.
| Date | Texte ou évolution | Apport principal pour l’emploi |
|---|---|---|
| 10 juillet 1987 | Loi en faveur de l’emploi des personnes handicapées | Elle pose le socle historique de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. |
| 12 juillet 1990 | Loi relative à la non-discrimination | Elle renforce la lutte contre les discriminations, y compris dans la vie professionnelle. |
| 11 février 2005 | Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées | Elle affirme l’égalité des droits, la compensation et l’accessibilité, puis étend l’OETH à la fonction publique. |
| 5 septembre 2018 | Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel | Elle engage la réforme du dispositif de l’OETH. |
| 2020 | Entrée en vigueur de la réforme de l’OETH | Le décompte évolue au niveau de l’entreprise et la déclaration concerne aussi les entreprises de moins de 20 salariés. |
La loi Handicap de 2005 : une vision plus large que le recrutement
La loi du 11 février 2005 ne porte pas uniquement sur le travail. Elle affirme plusieurs principes : égalité des droits et des chances, participation, citoyenneté, accessibilité et droit à compensation. Dans l’entreprise comme dans l’administration, elle rappelle qu’une personne handicapée doit pouvoir accéder à un emploi, évoluer et conserver son poste dans des conditions équitables.
Cette logique concerne aussi la non-discrimination. Un refus d’embauche, une évolution de carrière bloquée ou l’absence de réponse à une demande d’aménagement ne doivent pas être réduits à de simples difficultés de gestion. Ces situations peuvent poser une question d’égalité de traitement et d’adaptation des conditions de travail.
Qui peut être bénéficiaire de l’obligation d’emploi ?
Les bénéficiaires de l’OETH sont des personnes dont la situation ouvre droit à une prise en compte au titre de l’obligation d’emploi. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, ou RQTH, est l’une des situations les plus connues. Elle peut faciliter l’accès à des aides, à un accompagnement et à des mesures d’adaptation, mais elle ne recouvre pas toutes les catégories de bénéficiaires.
- Les personnes titulaires d’une RQTH ;
- Les personnes victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle présentant une incapacité permanente ;
- Les titulaires d’une pension d’invalidité lorsque celle-ci réduit la capacité de travail ou de gain ;
- Les titulaires d’une carte mobilité inclusion portant la mention invalidité ;
- Les titulaires de l’allocation aux adultes handicapés, selon les situations prévues.
La RQTH est attribuée après une démarche auprès de la MDPH, la maison départementale des personnes handicapées. Elle n’est pas une étiquette professionnelle et n’impose pas de révéler l’ensemble de son état de santé à l’employeur. Elle permet surtout de mobiliser des droits et des appuis lorsque la situation le nécessite.
Un statut utile, mais une démarche qui reste personnelle
Un candidat ou un salarié choisit les informations qu’il souhaite partager avec son employeur. Signaler une RQTH peut faciliter le dialogue sur les conditions de travail et les aides mobilisables. L’objectif est d’identifier les obstacles éventuels et les solutions adaptées, non de mettre en doute les compétences de la personne.
Un poste de travail dépend de nombreux paramètres : éclairage, bruit, cadence, logiciels, circulation dans les locaux, consignes, pauses, relations d’équipe ou télétravail. Modifier l’un de ces éléments peut améliorer les conditions de travail. Cette approche évite de réduire l’aménagement à l’achat d’un équipement et permet de rechercher une solution adaptée à la situation réelle.
Calcul, déclaration et conséquences pour les employeurs
Depuis 2020, le décompte de l’OETH s’apprécie au niveau de l’entreprise. Le calcul tient compte de différentes formes d’emploi, notamment des salariés bénéficiaires, mais aussi des stagiaires et des périodes de mise en situation mentionnées dans le dispositif. La déclaration s’effectue dans le cadre de la déclaration sociale nominative, ou DSN.
Une méthode de suivi utile pour les ressources humaines
Pour piloter son obligation, un employeur peut suivre plusieurs étapes : identifier son effectif d’assujettissement, vérifier les bénéficiaires comptabilisés, examiner les situations de maintien dans l’emploi et fiabiliser les éléments transmis dans la DSN. Cette démarche doit respecter la confidentialité des informations personnelles. Elle ne peut pas reposer sur une collecte intrusive de données de santé.
- Vérifier si l’entreprise atteint le seuil de 20 salariés ;
- Apprécier l’objectif correspondant au taux de 6 % ;
- Recenser les informations déclarables communiquées dans un cadre approprié ;
- Prévoir les adaptations nécessaires et les dispositifs de maintien ;
- Contrôler la déclaration annuelle et les éventuelles régularisations.
Contribution financière et risque de non-respect
Lorsqu’un employeur assujetti ne satisfait pas à son obligation d’emploi selon les modalités applicables, une contribution financière peut être due. Cette possibilité ne remplace pas une politique d’emploi effective : le dispositif vise le recrutement, l’emploi et le maintien des personnes handicapées.
Un employeur reste aussi tenu de prévenir les discriminations et d’examiner les aménagements permettant l’exercice ou la poursuite d’une activité. Une gestion passive d’une situation de handicap peut fragiliser le salarié et l’organisation. Anticiper les besoins, informer l’encadrement et instaurer un dialogue respectueux aident à respecter les obligations applicables et à maintenir de bonnes conditions de travail.
Privé, fonction publique et organismes d’accompagnement : à qui s’adresser ?
Les principes de l’OETH concernent le secteur privé et la fonction publique, mais les interlocuteurs diffèrent. Le choix de l’organisme dépend de la situation : recherche d’emploi, maintien au poste, reconnaissance administrative, financement d’un aménagement ou accompagnement de l’employeur.
| Interlocuteur | Champ d’intervention | Rôle principal |
|---|---|---|
| Agefiph | Secteur privé | Elle accompagne l’emploi, l’insertion et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées. |
| FIPHFP | Fonction publique | Il soutient l’insertion et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées dans les administrations publiques. |
| MDPH | Personnes résidant dans le département | Elle centralise les demandes d’aides, d’allocations et d’orientations, dont la demande de RQTH. |
Pour vérifier une règle, engager une démarche ou consulter les modalités actualisées, il est préférable de s’appuyer sur les pages institutionnelles de Service-Public.fr, du ministère du Travail, de l’Agefiph et du FIPHFP. La loi fixe un cadre commun ; ces organismes aident à le traduire en démarches et en solutions adaptées aux parcours professionnels.
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