Formations professionnelles

Alternance : travailler en entreprise tout en préparant un diplôme

Élise Le Roux-Cadoret 9 min de lecture
Alternance définition : école et entreprise en alternance

L’alternance désigne une succession régulière entre deux périodes. Dans le domaine de la formation, elle partage le temps entre des enseignements et un emploi en entreprise. L’alternant apprend un métier, prépare un diplôme ou une qualification, exerce des missions réelles et perçoit une rémunération.

Alternance : une définition simple, puis professionnelle

Le mot « alternance » exprime l’idée d’un va-et-vient organisé : une période succède à une autre selon un rythme défini. Une formation en alternance applique ce principe à un parcours professionnel. L’apprenant alterne entre un organisme de formation, une école ou un centre de formation d’apprentis (CFA), et une entreprise d’accueil.

Quiz sur l’alternance

Testez vos connaissances sur la définition et le fonctionnement de l’alternance.

Score : 0 / 6 0 / 6 répondues
1. Quelle définition correspond le mieux à l’alternance ?

L’alternance articule des temps de formation à l’école ou dans un organisme de formation et des temps de travail en entreprise.

2. Quel est le statut de la personne en alternance ?

Dans le cadre de l’alternance, la personne est liée à l’entreprise par un contrat de travail et bénéficie donc du statut de salarié.

3. Comment s’organise généralement le rythme de l’alternance ?

Le principe repose sur un rythme partagé entre le lieu de formation et l’entreprise, selon un calendrier prévu par le parcours.

4. Quel est le rôle principal du maître d’apprentissage ?

Le maître d’apprentissage accompagne l’alternant dans l’entreprise et contribue à la transmission des compétences professionnelles.

5. Quelle affirmation distingue correctement apprentissage et professionnalisation ?

L’apprentissage et la professionnalisation sont deux cadres distincts de l’alternance, même s’ils associent tous deux formation et expérience en entreprise.

6. Que signifie le fait que la rémunération soit encadrée ?

La rémunération n’est pas fixée librement : elle est encadrée par des règles qui tiennent notamment compte du cadre du contrat et de la situation de l’alternant.

Les cours apportent les connaissances théoriques, les méthodes et le cadre du diplôme. L’entreprise permet de les mettre en pratique dans des situations de travail : participer à un projet, utiliser des outils du métier, respecter des délais, communiquer avec une équipe ou des clients. L’alternance n’est donc ni un stage prolongé ni une formation scolaire classique. L’alternant signe un contrat de travail et devient salarié.

Un parcours qui relie apprentissage et expérience

Être en alternance, c’est avancer sur deux plans en même temps. La formation valide des compétences et peut mener à un diplôme d’État, à un titre professionnel ou à une certification inscrite au RNCP. L’expérience en entreprise construit un premier parcours professionnel concret. Cette double progression explique pourquoi l’alternance attire les jeunes en études, mais aussi les adultes qui souhaitent se qualifier ou se reconvertir.

Le lien entre les deux lieux d’apprentissage mérite une attention particulière. Une alternance réussie ne dépend pas seulement du nombre de jours passés à l’école ou au travail. Elle repose sur un même axe de compétences. Si la formation porte sur la gestion de projet, la vente ou le développement informatique, les missions confiées en entreprise doivent permettre d’observer, de pratiquer et de consolider ces acquis. Avant de signer, comparer le programme, les missions annoncées et les outils utilisés au quotidien évite de suivre deux trajectoires qui ne se complètent pas.

Comment se déroule le rythme école-entreprise ?

Le rythme est fixé par la formation et intégré à l’organisation du contrat. Il peut prendre des formes différentes : deux jours de cours et trois jours en entreprise chaque semaine, une semaine sur deux, plusieurs semaines consécutives dans chaque lieu, ou encore des journées et des matinées réparties. Il n’existe pas de rythme universel. Celui-ci dépend du diplôme préparé, du secteur et de l’établissement.

Trois acteurs, des rôles complémentaires

L’entreprise emploie l’alternant, verse son salaire et organise ses missions. L’organisme de formation dispense les cours, suit les résultats et prépare aux évaluations. Dans le cadre de l’apprentissage, un maître d’apprentissage accompagne l’apprenti dans l’entreprise. Il facilite son intégration, transmet les gestes et les repères du métier, puis veille à la cohérence entre le travail réalisé et le parcours de formation.

L’alternant doit tenir ses engagements dans les deux environnements. Les périodes de cours font partie du temps de travail et ne sont pas facultatives. Cette organisation demande de l’anticipation, car les devoirs, les examens et les responsabilités professionnelles peuvent se cumuler. Prévoir les transports, les pics d’activité de l’entreprise et les échéances scolaires aide à maintenir un rythme durable.

Apprentissage ou professionnalisation : quel contrat choisir ?

Les deux principaux contrats d’alternance sont le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. Ils associent tous deux emploi, formation et rémunération, mais ne s’adressent pas exactement aux mêmes profils et ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Le choix se fait avec l’organisme de formation et l’employeur, selon l’âge, le projet et la certification visée.

Repère Contrat d’apprentissage Contrat de professionnalisation
Finalité principale Préparer un diplôme d’État ou un titre inscrit au RNCP Acquérir une qualification et favoriser l’accès ou le retour à l’emploi
Public habituel Jeunes à partir de 16 ans ; la limite est généralement de 25 ans et peut aller jusqu’à 30 ans dans certains cas Jeunes de 16 à 25 ans révolus ou demandeurs d’emploi de plus de 26 ans
Durée évoquée De 1 à 3 ans selon le parcours Souvent autour de 12 mois, avec une prolongation possible jusqu’à 24 mois
Accompagnement Maître d’apprentissage en entreprise Tutorat organisé par l’employeur
Formation Au moins 400 heures sont mentionnées pour le parcours Formation articulée avec l’activité professionnelle

La rémunération n’est pas négociée librement

Dans les deux cas, le salaire est encadré par la loi. Il varie notamment selon l’âge, l’année de contrat, le niveau de formation et le type de contrat. En apprentissage, les minima mentionnés pour une première année sont de 25 %, 41 % ou 53 % du SMIC selon l’âge. En deuxième année, ils sont de 37 %, 49 % ou 61 %. Pour le contrat de professionnalisation, les repères minimaux cités sont de 65 % du SMIC avant 21 ans, 80 % entre 21 et 26 ans, puis le SMIC au-delà de 26 ans. Les règles évoluent selon les situations : le montant exact doit donc être vérifié avant la signature.

À qui s’adresse l’alternance et dans quels métiers ?

L’alternance ne concerne pas uniquement les lycéens ni les métiers manuels. Elle est accessible à différents profils : jeunes après le collège ou le lycée, étudiants en poursuite d’études, demandeurs d’emploi, personnes en reconversion et, dans certaines situations, personnes en situation de handicap sans limite d’âge. Le contrat de professionnalisation ouvre notamment des possibilités aux demandeurs d’emploi de plus de 26 ans, y compris après 45 ans.

Les formations existent du CAP au bac +5 et au-delà. En 2023, 61 % des signataires préparaient une formation de niveau bac +2 et 33 % visaient un titre professionnel. Ces chiffres montrent que l’alternance est présente dans l’enseignement supérieur comme dans les parcours de qualification initiale.

Des secteurs bien plus variés qu’on ne l’imagine

Commerce, restauration, bâtiment, industrie, artisanat, informatique, banque, communication, santé, logistique, ressources humaines, immobilier et services à la personne recrutent des alternants. Les opportunités existent dans le privé, le public et le milieu associatif. Les petites structures sont aussi très présentes : 44 % des contrats ont été signés dans des entreprises de moins de 10 salariés.

Le bon critère n’est donc pas seulement l’intitulé de la formation. Il faut vérifier la réalité des missions, la disponibilité d’un tuteur, l’environnement de travail et les débouchés. Une petite entreprise peut offrir une vision large du métier. Une grande organisation peut proposer une spécialisation, des procédures structurées et un réseau interne. Le choix dépend du projet professionnel recherché.

Statut, financement et recherche d’une entreprise : les repères utiles

L’alternant bénéficie d’un statut de salarié. Il perçoit un salaire mensuel, acquiert des droits sociaux et bénéficie des congés payés, de la protection sociale, de la mutuelle lorsqu’elle s’applique dans l’entreprise et, selon les règles en vigueur, de la prise en charge de certains frais de transport. Il doit aussi respecter le règlement intérieur, les horaires et les obligations liées à son contrat.

Les frais de formation sont généralement pris en charge dans le cadre du dispositif. L’alternant n’a donc pas à financer seul sa scolarité. Il reste utile de se renseigner sur les dépenses annexes : logement, repas, équipement professionnel, ordinateur ou déplacements entre le domicile, l’établissement et l’entreprise.

Construire sa candidature dans le bon ordre

  1. Choisir une formation dont le diplôme, le rythme et les modalités correspondent au projet.
  2. Préparer un CV ciblé et un message de candidature qui relie les compétences aux missions recherchées.
  3. Rechercher des entreprises suffisamment tôt, car les recrutements peuvent commencer plusieurs mois avant la rentrée.
  4. Présenter clairement le calendrier de l’école, la durée prévue et le type de contrat envisagé.
  5. Avant de signer, relire les missions, la rémunération, le lieu de travail, le tutorat et les conditions pratiques.

L’alternance demande une implication soutenue, mais elle permet d’acquérir une expérience valorisable dès la formation. En 2023, 852 000 contrats d’apprentissage ont commencé, soit une hausse de 2 % par rapport à 2022. Deux jeunes sur trois décrochent un emploi six mois après leur apprentissage. Ce résultat illustre l’intérêt d’un parcours où les compétences théoriques et la pratique professionnelle progressent ensemble.

Élise Le Roux-Cadoret

Partager cet article

Retour en haut